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Colloque d’Archéologie portuaire - Coordination : J. Mouchard et D. Guitton

Les ports romains dans l’arc atlantique et les eaux intérieures

Nantes (Loire-Atlantique - France) - 21-22 juin 2018

Le site de Rezé
Rezé, quartier Saint-Lupien (Loire-Atlantique)
Clichés J. Mouchard & D. Guitton 2013-2016

Présentation

Inscrit dans la continuité du colloque portant sur les ports situés dans l’espace méditerranéen antique : Narbonne et les systèmes portuaires fluvio-lagunaires (Montpellier, 2014), ce colloque organisé à Nantes est l’occasion de dresser un bilan de près d’un siècle de recherches pratiquées au contact de sites portuaires antiques établis cette fois dans l’espace atlantique et les eaux intérieures.

Cette manifestation – qui a pour objectif premier de réunir les principaux acteurs d’une archéologie portuaire romaine renouvelée – aura pour colonne vertébrale le site archéologique de Rezé (Loire-Atlantique), abordé dans le cadre d’un programme de recherche initié depuis 2005 sur la question du lien entre un quartier de la ville antique de Ratiatum et la Loire aujourd’hui éloignée. Les vestiges spectaculaires découverts dans ce contexte fluvio-maritime, à la transition des provinces de la Lyonnaise et de l’Aquitaine, invitent aujourd’hui à une relecture de la documentation ancienne (découvertes du XXe siècle : Rouen, Bourges-Lazenay, Les Mureaux...) et à un effort de synthèse sur la question des sites portuaires, de leurs équipements, de leurs activités et de leur évolution.

rouenRouen, place de la Haute-Vieille-Tour (Seine-Maritime)
Cliché P. Halbout, 1978-1979

D’autre part, précisons que cette récente acquisition de données s’inscrit pleinement dans un contexte national favorable, avec l’émergence grandissante d’opérations programmées (Aizier, Barzan, etc.) et s’intercalant dans le sillage d’une vague d’opérations préventives (Besançon, Bordeaux, Lyon, Chelles, Reims, etc.) à l’origine d’une décennie 2000-2010 déterminante quant à la connaissance des anciens sites portuaires fluviaux et fluvio-maritimes. La confrontation des échantillons littoraux et fluvio-maritimes avec ceux empruntés aux eaux intérieures doit permettre de préciser le rôle des ports au sein des Gaules, leurs configurations, leurs morphologies, leurs architectures et surtout leurs liens dans la redistribution du commerce.

aizierAizier, le port (Eure)
Cliché J. Mouchard, 2013

Un volet de ce colloque sera bien-sûr axé sur l’histoire de l’archéologie portuaire dans l’arc Atlantique, mais aussi sur la méthodologie, pour compléter les premières remarques formulées en 2008 lors d’une journée d’étude organisée à la Rochelle.

Par ailleurs, dans le cadre de cette enquête qui se veut collective, prônant l’approche pluridisciplinaire, un temps sera consacré à la géomorphologie et au paléo-environnement, afin de mieux comprendre d’une part, les dynamiques fluviales et riveraines, et d’autre part, l’évolution, les ajustements voir l’abandon d’un port. À chaque contexte naturel, un choix technique y est retenu. Cela permet de poser la question des principes architecturaux établis, du chantier de construction portuaire, des matériaux employés et des savoir-faire des sociétés passées. Concevoir un port, qu’il soit intégré à la trame urbaine ou à proximité d’une ville qui le gère à distance, suppose une refonte de la topographie riveraine. En prenant en compte les modifications naturelles transversales et longitudinales, ce colloque vise à mieux cerner les articulations et le fonctionnement des trois espaces constituant toute entité portuaire : l’espace navigable (ou espace bas), l’espace lié aux activités de chargement et de déchargement (espace médian), et l’espace de stockage (espace haut). Cette tri-division n’est pas sans avoir des répercussions sur la pratique de cette archéologie portuaire, y compris au XXIe siècle et avec des outils de plus en plus sophistiqués. L’accessibilité, tout comme le signal archéologique, peuvent apparaître à géométrie variable selon les cas de figures.

Au terme d’un siècle de recherches, avec quelques décennies en deçà, il reste encore bon nombre de carences et zones d’ombre qu’il convient d’éclairer. Si certains sites conservent mieux leurs équipements, d’autres fournissent au contraire des témoignages intéressants sur les activités commerciales développées à leur contact. Quel bilan pouvons-nous dresser des opérations passées et quelles sont les perspectives à donner à ce champ d’étude ?

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